ombre d'une famille

La précarité, la pauvreté et l’exclusion sont trois notions complexes à dissocier en raison de leur imbrication possible les unes dans les autres et la multiplicité des domaines qu’elles impactent : le logement, la santé, la scolarité, l’emploi, …

Néanmoins, ces notions correspondent à trois situations distinctes :

- la situation de précarité est caractérisée par : 

- le caractère incertain, aléatoire ou irrégulier des ressources (CDD, intérim, chômage, maladie, etc.…),

- la fragilité qui résulte de cette insécurité dans la vie quotidienne, familiale et sociale.

La situation de pauvreté :

Sa définition est conventionnelle puisqu’elle repose sur la définition de seuils et d’échelles d’équivalences décidés au niveau international. Elle se réfère à :

- la participation des individus à l’activité économique,

- la distribution des revenus.

En ce sens, elle se caractérise par la modestie, la faiblesse ou l’insuffisance des ressources ne permettant pas de participer à l’ensemble des modes de vie reconnus socialement comme moyens ou normaux. 

La situation d’exclusion concentre les effets extrêmes de la précarité ou de la pauvreté quand celle-ci affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle devient persistante, qu’elle  compromet les chances de réassumer ses responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible.

Les phénomènes de précarité, pauvreté et exclusion ont un impact sur l’ensemble des domaines de la vie quotidienne :

- la santé : difficultés d’accès aux soins, mortalité prématurée, maladie chronique, (cf. étude de l'ORS) …

- le logement : logement aidé, insalubrité, surpeuplement,

- la scolarité : absentéisme, difficultés scolaires.

Comment mesurer les phénomènes d’exclusion, de précarité et de pauvreté ?

L'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale ONPES mesure la pauvreté à l’aide de onze indicateurs qui rendent compte de l’aspect pluridimensionnel :

  • Des indicateurs de pauvreté monétaire : le taux de pauvreté monétaire mesuré par la part des individus dont les revenus sont inférieurs au seuil de 60% ou 50% du revenu médian.
  • Un indicateur d’intensité de la pauvreté qui mesure l’écart relatif entre le seuil de pauvreté et le revenu médian des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, rapporté au seuil de pauvreté.
  • Un indicateur de pauvreté de la population en emploi : définition du travailleur pauvre.
  • Des indicateurs de pauvreté en condition de vie : indicateur synthétisant les réponses à vingt-cinq questions portant sur la contrainte budgétaire (endettement,…), les retards de paiement, les restrictions de consommation et les difficultés de logement. 
  • Des indicateurs de pauvreté mesurés par les minimas sociaux : prise en compte du nombre d’allocataires du RSA, de l’ASS, l’AAH et le taux de persistance dans le RSA.
  • Des indicateurs d’exclusion : le taux de renoncement aux soins pour des raisons financières, le taux de sortants à faible niveau d’études, prise en compte des demandeurs d’emploi et des demandes de logement social.
  • Un indicateur d’inégalité de revenus : le rapport interdécile.

Actuellement un groupe de travail du Conseil National des politiques de Lutte contre la pauvreté et l’Exclusion sociale (CNLE) discute de l’intérêt de la prise en compte d’un « reste à vivre » et d’un « revenu minimum décent » dans l’appréciation de la pauvreté.